Soumagne et Liberté
1. Le gouvernement propose au parlement de créer un nouveau droit pour le patient et son entourage : un droit à l'indemnisation du risque médical (ou aléa thérapeutique), qu'il y ait faute ou pas de la part du prestataire de soins. S'il y a faute ce seront les assurances qui paieront. S'il n'y a pas de faute établie, c'est un fonds qui interviendra.
2. Le gouvernement propose au parlement de créer donc un fonds d'indemnisation, uniquement financé par l'Etat.
3. La réparation du fonds est intégrale : pas de franchises et pas de plafonds.
Simplement, un seuil de gravité du dommage est fixé :
- une invalidité permanente partielle de 25 % au moins,
- une incapacité temporaire de travail de 6 mois consécutive, ou de 6 mois non consécutifs sur une période d'un an,
- des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans les conditions d'existence de la victime,
- le décès du patient.
4. La procédure via le fonds est :
- gratuite pour la victime qui y fait appel,
- rapide : la victime doit être indemnisée dans un délai d'un an,
- simple : pas de dossier lourd à préparer, le Fonds s'en charge,
- amiable : plus besoin de prouver la faute.
5. La victime garde toujours et à tout moment la possibilité de préférer les tribunaux à l'intervention du fonds ou de contester l'offre du fonds devant les
tribunaux.
6. Le paiement de l'indemnisation à la victime est rapide, que les responsabilités soient ou non contestées. Si l'assureur conteste la responsabilité du prestataire de soins, le fonds indemnise
alors lui-même la victime - pour autant que le dommage présente un certain seuil de gravité - et se retourne ensuite contre l'assureur. La victime est donc indemnisée rapidement, la question de
la responsabilité étant débattue en dehors de sa présence.
7. Un autre point important : le fonds constitue une garantie pour la victime contre le défaut d'assurance : il indemnise la victime d'une faute si le prestataire de soins responsable
n'est pas assuré.
8. Les infections nosocomiales sont mieux indemnisées : celles qui surviennent suite à une prestation de soins pourront à l'avenir être indemnisées si elles présentent un certain seuil de
gravité.
La chirurgie purement esthétique, de convenance, est exclue du champ d'application de la loi. Les prestations de chirurgie reconstructrice ou réparatrice qui peuvent être
remboursées en vertu de la règlementation sur l'assurance obligatoire soins de santé sont quant à elles couvertes.
Le projet de loi va maintenant être déposé à la Chambre.
Après le vote de la loi, il faudra encore quelques mois afin que le fonds soit opérationnel, mais il est néanmoins prévu que tous les dommages qui se produiront après la publication de la loi au
Moniteur belge pourront être indemnisés conformément à la nouvelle loi.